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Chapitre 1 - La danse des nuages 04/12/2015

« Arrêtes ca ! Maintenant ! Ou tu verras danser les nuages, et c'est la dernière chose que tu verras. »
La jeune fille fixait la reine plantée devant elle, d'un air menaçant.
 
-          Mais je ne peux pas ! S'écria – elle
-          Ecoute, j'ai traversé le foret entière, gravi cette montagne, et j'ai du attraper un rhume en plus de cela, pour que tu ramènes l'été, alors je t'assure que je ne m'en irai pas avant qu'il ne fasse aussi chaud qu'hier !
 
En effet, Elsa avait plongé son royaume dans un hiver eternel en fuyant le château. Elle avait pu profiter de sa liberté en créant ce château, malgré la récente visite de sa s½ur qui l'avait troublée. Elle avait alors laissé sa peur l'envahir, et n'avais pas remarqué l'arrivée de la jeune fille à présent devant elle.
Elle avait de longs cheveux noirs, une peau très claire couverte d'une simple robe bleue brunie par le temps.
 
Elle lui avait demandé à plusieurs reprises de ramener l'été, mais n'étant pas satisfaite, elle était devenue menaçante.
 
-          Je te répète que j'en suis incapable, répéta Elsa
-          Ne m'obliges pas à te forcer, menaça la jeune fille, Reine ou pas, peu importe, je sais comment t'y obliger
 
Elsa entendit le tonnerre gronder au dehors, et une brise froide traversait la pièce fermée. Le sourire de la jeune fille expliqua à Elsa d'où il venait.
 
-          C'est toi qui.... ?
-          Oui, c'est moi ...
-          Comment tu ... ?
-          Pouvoirs de météo, arrête, ca devient cliché. Ramène l'été, qu'on en finisse et que je retrouve ma cabane !
-          Je ne peux pas, s'écria à nouveau Elsa
 
La jeune fille changea d'expression. Son air menaçant devint tout d'abord une surprise, puis une compassion soudaine. Elle s'approcha de la reine, lui tendant la main
-          Amy, dit-elle simplement
 
Elsa leva les yeux vers elle, intriguée.
 
-          C'est mon nom, au cas où tu voudrais...
-          Elsa, répondit-elle
 
 
 
Soudain, un grand bruit se fit entendre, puis des grognements au dehors.
 
-          Ah ca, par contre, ce n'est pas moi, fit Amy en voyant le sursaut d'Elsa.
 
Celle-ci monta les escaliers à la hâte en voyant la porte de glace s'ouvrir sur des gardes du royaume. Leurs arbalètes alertèrent Amy qui suivi Elsa a travers le château et la rejoint a l'étage du château.
 
-          Que font-ils ici ? s'interrogea Elsa, paniquée
-          Ne sont-ils pas sensés te protéger ? Parce que si c'est le cas, j'en connais qui ne seront pas payés.
 
La reine ne pu répondre, car les gardes entraient dans la pièce, menés par un jeune homme a la tignasse rousse. Il appela Elsa, alors qu'Amy resta en retrait, alors qu'un garde la menaçait de son arbalète. En voyant la reine passer a l'offensive, elle fit de même grâce a une rafale de vent, mais elle n'osa faire plus, craignant de commettre une erreur fatale. Lorsqu'elle regarda à nouveau vers Elsa, celle-ci s'était arrêtée, regardant le jeune homme qui lui parlait. Quand elle releva les yeux et commença à courir, elle eu a peine le temps de reculer qu'elle senti une immense douleur parcourant son crane, comme si son os frontal s'était fendu jusqu'à l'occipital. Elle vit des débris de glace voler autour d'elle avant de se sentir tomber et heurter le sol et qu'elle ne sombre  dans l'obscurité.

Chapitre 2 - Le rouge de la neige 04/12/2015

Froid.
 
Elle avait froid, et mal. Amy ouvrit les yeux, son crane encore douloureux. Elle n'osa bouger, comme paralysée par le froid. Elle ne distingua pas immédiatement ou elle se trouvait. Elle ne voyait que très peu de choses...Une fenêtre, un mur sombre...Une pièce grise et vide. Une cellule....
 
Elle était enfermée, et sentait le froid d'un métal autour de sa cheville. Elle sursauta en réalisant sa situation, voyant qu'elle était enchainée. Le paysage au dehors n'était qu'une étendue de neige et de glace, il lui suffirait de se défaire de ses chaines et...
 
-          Enfin, tu es réveillée, fit une voix masculine derrière elle.
Elle se retourna furtivement, et vit, à la porte fermée derrière lui, le jeune homme aux cheveux roux qui avait attaqué le palais de glace.
-          Qui êtes-vous ? demanda-t-elle
-          Hans, répondit-il, je suis le prince Hans des Iles du Sud
-          Noblesse, souffla la jeune fille
-          Bien, tu as compris le principe d'être prince.
-          Il n'y a qu'un noble pour porter le nom de son royaume en guise de nom de famille
-          Tu ne devrais pas être aussi légère, expliqua Hans
-          Pourquoi ? parce que je suis enchainée dans une prison ? Parce que j'ai devant moi le si grand prince des iles du sud ?
-          Parce que tu es enchainée dans une prison, en face de la seule personne ayant le pouvoir de te libérer
-          Je doute que vous soyez l'unique autorité de ce royaume
-          Pour le moment, si...
Amy sentait que quelque chose se passait, quelque chose de grave. Et si la Reine était en danger ?
-          Si vous me libérez, que se passera-t-il ? S'interrogea Amy
-          Rien, rassura Hans avec un grand sourire. Au contraire, je te propose quelque chose que n'a que des avantages pour toi.
 
Amy ne pu qu'incliner la tête, intriguée. Etait-ce sa proposition ou celle de la reine ?
 
-          Mais encore ? demanda-t-elle
-          J'ai remarqué que tu avais toi aussi des capacités surnaturelles
-          Bien, au moins quelque chose de positif d'accompli dans votre noble vie
-          Tu ne devrais pas être si sarcastique, rétorqua Hans
-          Personne ne vous a jamais dit que vous étiez rabat-joie ?
-          Toute ma vie, mais rappelle toi que je suis le seul à avoir le pouvoir de te libérer, fit-il, agitant devant elle la petite clé de fer
-          C'est tres mal, l'abus de pouvoir, ricana Amy
 
Hans eu un étrange sourire, allant s'asseoir prés d'elle. Il la fixait d'un ½il intrigué, tandis qu'elle, évitait son regard.
 
-          Tu as vécu seule dans la forêt, n'est ce pas, demanda-t-il
-          Perspicace...
-          Alors tu ne dois pas avoir une grande expérience du bien et du mal, continua Hans, ignorant le sarcasme de la jeune fille
-          Assez pour survivre, expliqua –telle
 
Hans signala aux gardes de les laisser seuls, ce qu'ils firent.
 
-          Alors qu'est ce que le mal, pour toi, demanda-t-il
-          Qu'est ce que ca peut vous faire ?
-          Cela m'intéresse, c'est tout. Le bien et le mal, c'est le plus grand sujet a débat de notre monde, même les plus grands érudits se battent a ce sujet
-          Je ne suis ni érudit, ni philosophe, soupira Amy, je ne suis qu'une orpheline des forets
-          Mon père disait toujours, fit Hans,  que ce sont parfois les esprits les moins instruits qui offrent la meilleure vision du monde, car ce sont ceux qui le voient avec les yeux les plus ouverts.
-          D'après quels critères ?
-          Le fait que ces yeux seront subjectifs, spontanés, et sans aucune fioriture.
-          Mais c'est qu'il s'exprime fort bien, le prince Hans, se moqua Amy
Hans eut un rictus, comme exaspéré.
-          Pour moi, continua Amy, Le mal est celui qui agit avec l'intention de nuire. Celui qui, même en faisant de bonnes choses, les fait dans le but de blesser, dans des intérêts qui nuiraient.
-          Et qu'est ce que le bien, dans ce cas ? Celui qui combat le mal ?
-          Celui qui combat le mal peut être également le mal, ayant un but tout aussi nuisible...
-          Alors, demanda Hans à nouveau, qu'est ce que le bien ?
-          Celui qui agit, volontairement ou non, avec de bonnes intentions, dans le but d'aider, de soutenir...
-          Volontairement ou non, s'interrogea le prince
-          On peut causer le mal, sans pour autant le vouloir
Amy se stoppa un instant, son esprit d'éloignât au fond de ses souvenirs, comme si son passé ressurgissait de ses paroles.
-          A cause d'un faux pas, continua-t-elle, une réaction en chaine, une perte de contrôle...Les actions ne comptent pas, c'est l'intention principale qui défini ces actes.
-          Et comment défini-t-on une bonne chose d'une mauvaise ? demanda Hans
-          C'est subjectif, lança Amy
-          Et bien, Lady Amy emploie un langage savant, se moqua Hans
-          Quel sens de l'observation...Tout se résume en quelques mots, le bien est humilité, générosité et amour, le mal est avarice, orgueil, ambition et fourberie
-          Tu parles comme une noble
-          Je vous retourne le compliment. Il vaut mieux cela qu'être noble et s'exprimer comme un paysan
-          Et comment te considères-tu ?
-          Vous allez continuer longtemps ? soupira Amy
-          Réponds juste à mes questions
-          Je ne sais pas
-          Et quelles sont tes intentions ?
-          Sortir d'ici, fit Amy
-          Est-ce bien ou mal ?
-          Ni l'un ni l'autre
-          Ceci n'est pas une réponse
-          Joker...
 
Elle se tut, laissant Hans perplexe. Elle fixait le mur sombre devant elle.
 
 
 
 
-          La reine Elsa est morte, entendit-elle soudain.
 
Elle sursauta, cette nouvelle avait glissé de sa bouche si soudainement. Il y a quelques heures a peine, elles étaient toutes deux dans le palais de glace. Amy voulais alors l'aider à contrôler ses pouvoirs...
 
-          Elle a été blessée, continua le prince, et n'a pas survécu
-          Donc, c'est votre faute
-          La princesse Anna est également décédée
-          Définitivement, c'est un jour de chance pour ce royaume ! S'écria la jeune fille.
-          Arendal a besoin d'un souverain
 
A ces mots, son esprit s'éclairci. Elle comprit immédiatement les récents événements, que la mort des deux princesses était tout sauf accidentelle, et qu'il en était le principal responsable.
 
-          Et je suppose que ce souverain...
-          La princesse Anna m'a nommé roi avant de mourir, expliqua Hans
-          Bien entendu. Mais quel rapport avec moi ?
-          Tout roi...fit le prince, se rapprochant de la jeune femme...tout roi a besoin d'une reine a ses cotés
 
Amy recula, étêtée. Reine ? Même dans ses rêves elle n'avait jamais pu imaginer être reine du grand royaume qu'était Arendal. Cette proposition inattendue lui fit ressentir quelque chose qu'elle n'avait jamais connu auparavant, qui lui prenait les trippes. Un sentiment brulant, un sentiment de révolte.
 
-          Jamais ! hurla-t-elle
-          Pardon, s'écria Hans, plus que surpris de cette réponse
-          Je ne suis ni de sang royal, ni même de sang noble. Je ne serais jamais Reine, encore moins la reine d'un usurpateur, d'un menteur et d'un meurtrier.
 
Le prince sourit à nouveau. Elle avait compris qui d'eux deux était le mal, mais à vrai dire, ce n'était pas sa plus grande préoccupation.
 
-          Très bien, dans ce cas vous resterez a jamais dans cette cellule, Lady Amy. Dit-il avant de sortir et de refermer la porte a double tour.
 
 
 
 
Amy resta un moment à réfléchir. Comment s'échapper ? Comment ne pas être remarquée ? Elle avait déjà défait ses chaines en les brulant d'un éclair, et avait rapidement bandé la brulure causée par cette man½uvre. Elle était à présent devant la vitre de la cellule. Au dehors, la tempête faisait rage, la neige transperçait l'air, brouillant la vision de l'horizon. Mais cela n'allait pas arrêter Amy. Elle resta figée devant la fenêtre, seules ses mains, légèrement crispées, bougeaient. Soudain, un grand éclair frappa le mur du château, créant une onde qui fit voler la vitre en éclats. Amy attendit que la poussière retombe et sorti a travers la fenêtre brisée. Elle ne prit pas le temps de réfléchir et, des  qu'elle posa le pied sur la glace, elle se mit à courir, espérant rejoindre la forêt.
Cependant, après quelques minutes, il lui sembla que son rythme ralentissait. Elle entendit des voix au loin, elle cru reconnaitre Hans et Elsa. Mais elle ne pu entendre guère plus, ressentant ses jambes trembler, sa vue se troubler... Elle remarqua alors cette douleur glaciale qu'elle avait au coté droit. Et, posant ses mains sur ses cotes, elle senti ses paumes se couper. La tempête s'arrêta subitement alors qu'elle baissait les yeux pour apercevoir ce morceau de verre dépasser de ses cotes, aussi gros que ses mains, et laissant son sang suinter et tacher sa robe de rouge. Ses jambes ne la portaient plus, et elle tomba a genoux, voyant au loin une, deux, peut être trois  silhouettes. Elle aperçu l'une d'elles se précipiter a ses cotés alors qu'elle s'écroula sur le sol gelé.

Chapitre 3 - L'homme en noir 18/12/2015

Chapitre 3
« Grand Pabbie, racontes moi encore comment tu m'as trouvé, demandait la petite fille
-          Amy, tu as déjà entendu cette histoire, une centaine de fois
-          S'il te plait, grand Pabbie !
D'accord, soupira le troll, C'était au milieu de l'hiver, il faisait plus froid encore que les jours précédents. Nous étions tous recroquevillés les uns contre les autres pour nous tenir chaud. Personne ne passait jamais dans cette partie de la forêt, pas même des voyageurs égarés. Cet endroit était trop instable et les pentes trop accrues. Pourtant j'entendis des pas dans la neige. Je cru un instant a un de mes frères, ou un animal. Mais ils étaient trop espacés et trop lourds pour être autre chose qu'un homme. Je me relevais et me dirigeais dans leur direction. C'est alors qu'a travers les arbres j'aperçu un homme, entièrement vêtu de noir, au visage anguleux a moitié caché par ses longs cheveux de jais. Il semblait ne pas être affecté par le froid. Dans ses bras, il tenait un bébé, et il me semble qu'il ne fut pas frigorifié lui non plus, écoutant la berceuse que lui murmurait l'homme. Une chanson dans une langue inconnue, mais qui me sembla trop compliquée pour être une berceuse pour enfant. Je le suivi a bonne distance, tant il m'intriguait. C'est alors que j'entendis le bébé pleurer. Cet homme s'était arrêté dans la clairière et l'avait déposé. J'entendis ses paroles : « Reste forte, petite Amy, disait-il, tu auras une vie bien plus sereine ici, plus de royaume à gouverner, plus personne pour rejeter ta magie, tout tes malheurs sont fini.»
Il laissa l'enfant en pleurs au milieu de la clairière. Quand il fut loin, j'allais chercher le bébé qui pleurait encore. Je le pris dans mes bras et l'emmena auprès de mes frères. Bulda s'est dévouée pour l'élever comme sa fille, et l'enfant garda le prénom que l'homme lui avait donné. Et c'est ainsi que tu devins un membre de notre grande famille.
-          Comme pour Kristoff ?
-          Non, pour Kristoff, c'est un peu différent ... »
 
Les rayons chauds du soleil matinal tirèrent Amy de ses songes. Elle senti autour d'elle la douceur d'un tissu rembourré. Elle vit le plafond et les murs bleutés, ornés de décors d'or et d'argent, de tableaux et de rideaux. Elle s'assit difficilement dans le lit ou elle reposait, sentant encore une douleur froide dans la hanche. C'est la seconde fois qu'elle se réveillait dans un lieu inconnu.
Quoique celui-ci fut plus accueillant que le précédent. Elle ne se rappelait de rien depuis qu'elle avait perdu connaissance, elle n'aurait même pas pu définir combien de temps elle était  inconsciente.
 
Elle entendit la porte s'ouvrir et vit, a sa grande surprise, la reine Elsa, bien vivante, toujours élégante dans sa robe bleue.
-          Bonjour, sourit-elle, comment te sens-tu ?
-          Je, balbutiai Amy, un peu confuse, encore dans les nuages
-          Tu as été blessée en t'échappant, fort heureusement, il a été possible de te soigner.
-          C'est ce que je pensais en effet...Que s'est-il passé ? Le prince Hans m'avait annoncé ta mort, a toi et ta s½ur
-          Il a tenté de nous tuer pour prendre le trône du royaume. Mais il a été arrêté a temps. Il est dans un bateau pour les iles du Sud à l'heure qu'il est.
Amy eut un sourire de soulagement.
-          Il m'avait proposé d'être sa reine, avoua Amy
 
-          C'est ce que je pensais, en effet... que s'est il passé ? le prince Hans m'avait annoncé votre mort, à toi et à ta s½ur
-          Il a tenté de nous tuer, pour prendre le trône d'Arendal, mais il a été arrêté à temps, il est dans un bateau pour les îles du Sud à l'heure actuelle
Amy eu un sourire de soulagement
-          Il m'avait proposé d'être sa reine, avoua t elle
-          Et qu'as-tu répondu ?
-          Que je préférais être au pilori jusqu'à mourir d'intoxication alimentaire à force de recevoir des tomates au visage
Elsa rit à ces mots, elle doutait de la véracité de ces propos, mais l'ironie dont faisait preuve la jeune femme l'amusait
-          D'ailleurs, ces gardes qui nous ont attaqués
-          Il ne pensait pas à mal, ils n'ont pas été punis
-          C'est vrai, ce n'est pas comme s'ils nous avaient presque tué
-          Cette histoire est terminée, soupira Elsa... comptes tu rester à Arendal ?
-          Non, fit Amy
-          Pourquoi cela ?
-          Je n'ai pas ma place ici... j'ai toujours vécu dans les bois, avec les trolls. Je n'ai jamais voulu vivre parmi les autres, dans un royaume. Je sais que je finirais par devoir partir.
-          Restes au moins leur temps de te rétablir, et de réfléchir, il y aurait une place pour toi au château.
-          Je ne mérite pas un tel honneur
-          Tu as sauvé la vie de la Reine, ça n'a pas de prix
-          Mais je n'ai pas...
-          Tu l'as fait, crois moi, assura t elle
Quelques jours passèrent, Amy se rétablissant peu à peu, et sa compagnie enchantait la reine. Elle et la princesse Anna avaient fait connaissance. Elsa appris que Kristoff, le jeune homme qui avait aidé sa s½ur longtemps durant son exil dans la montagne, était en vérité le frère de la jeune fille. En effet, celui-ci avait été élevé par le troll Bulda, tout comme Amy. Elle avait aussi fait la connaissance d'Olaf, et avait développé de l'affection pour ce petit bonhomme de neige. Plus le temps passait, plus Amy sentait qu'elle n'aurait pas le c½ur à quitter Arendal. 

Chapitre 4 - Le cri du ciel 08/01/2016

Chapitre 4 - Le cri du ciel
 
 
Ce jour la, il faisait très beau, comme si le soleil riait. Tout était très lumineux, il régnait une chaleur douce qui caresse la peau comme un tissu de soie. Une petite brise faisait danser les fleurs ornant les fenêtres.
 
Elsa s'accouda au balcon de sa chambre, observant les mouvements de la cour du palais. Des gardes faisaient une ronde, des serviteurs préparaient les meubles et étendaient les draps, d'autres revenaient du marché, les bras chargés de fruits, de légumes, de viandes et de fleurs. Elle aperçu alors un nuage voleter, très bas, dans un coin de la cour, et reconnu la voix d'Olaf depuis celui-ci.
«  Fait attention à ne pas tomber, Olaf, envoyait la voix d'Amy au bonhomme de neige, qui s'agitait sur le nuage.
 
-          Ne t'inquiètes pas, je contrôle la situation
-          Sauf si tu tombes, je ne voudrais pas que tu t'écrases et que ta tête et ton corps fassent chambre a part.
-          Plus haut, cria Olaf.
Amy soupira, relevant les mains vers le ciel, tandis que le nuage montait de plus en plus haut.
-          Il finira par toucher le soleil, fit une voix près d'Amy.
 
Elle sursauta, voyant Elsa a coté d'elle. La reine était descendue dans la cour, auprès de la jeune fille. Elle regardait Olaf s'extasier depuis le nuage, un grand sourire sur les lèvres. Amy la regardait alors, l'air absent. Elsa était vraiment une jeune femme magnifique, une peau d'ivoire, de grands yeux de saphir et une chevelure blonde ambrée. Amy était si distraite par sa beauté qu'elle en oublia l'action précise et concentrée qu'elle effectuait. Elle ne remarqua pas que son nuage diminuait a vue d'½il.
 
-          Attention ! s'écria soudain la reine.
 
Amy releva alors subitement le regard vers Olaf. Celui-ci recula voyant la taille du nuage se dégrader, et il tomba en arrière. Les deux jeunes femmes eurent un sursaut, accompagné d'un élan, lançant leur bras vers le bonhomme de neige. Simultanément apparurent au sol un gros nuage moelleux et un monticule de poudreuse. Olaf traversa lentement le cumulonimbus et atterrit dans la neige fine.
 
-          Fait attention, s'écria Amy
-          Désolé, fit Olaf, le nuage disparaissait...
 
La jeune fille se mordit la lèvre, cet incident était de sa faute, elle n'aurait pas du réprimander le petit être glacé. Sa concentration avait été troublée et son labeur en avait pâtit.
 
-          C'est moi qui suis désolée, s'excusa soudain Elsa, mon arrivée t'a perturbée, c'est ma faute.
-          Ce n'est pas un problème, rit Olaf, j'ai mes bras, mes jambes et ...Oh...oui, j'ai mon nez !
 
Il s'éloigna, alors qu'Amy restait immobile, sous le regard navré d'Elsa.
 
-          Tu tiens toujours à t'en aller ? demanda alors la reine
 
Amy fit un oui de la tête, baissant les yeux vers le sol
 
-          Tu n'es pas obligée, tu sais, continua Elsa, il y a une place pour toi au château
-          Laquelle ? je ne suis la fille de personne, ni d'un duc, ou d'un comte, ni même d'un prince ou d'un roi.
-          Tu resterais en tant qu'amie proche de la reine, c'est mieux encore qu'un titre ou des terres.
-          C'est une mauvaise idée, insista Amy
-          Pourquoi cela ?
 
Elle baissa les yeux à nouveau, l'air honteux. Elsa la prit alors par la main et la tira jusque dans les jardins du palais. Ils étaient grands et luxuriants, remplis de fleurs aux couleurs somptueuses et d'arbres plus majestueux les uns que les autres. Il en fut certain que la jeune fille n'avait jamais vu, dont les branches auraient pu atteindre les nuages. Un chemin de terre sinuait à travers la végétation. Elles s'assirent sur un banc de pierre claire au bord du chemin.
 
 
 
-          Je ne vais pas t'empêcher de partir, soupira Elsa, mais j'aimerais juste savoir pourquoi tu y tiens tant que cela
-          Parce que ..., hésita Amy, je sais que je finirais, tôt ou tard, par tout détruire.
-          Pardon ? s'étonna la reine
-          J'ai fait quelque chose, souffla Amy en baissant la tête, quelque chose de mal, de très mal
-          Mais encore ?
-          Je doute que tu veuilles savoir.
-          Bien sur que si, je ne serais pas ici à te questionner dans le cas contraire.
 
La jeune fille tordait le ruban de son corsage entre ses doigts. Elle resta une minute silencieuse, cherchant les meilleurs mots pour raconter ce lourd secret qu'elle s'apprêtait à révéler.
 
 
 
 
« C'était il y a dix ans maintenant. Je n'avais, a l'époque, vécu que dans les bois, je n'avais jamais vu le royaume, ni même d'autres personnes que Kristoff ou les trolls. C'est lui qui m'a emmené à Arendal avec lui, alors qu'il commençait a peine à travailler. J'ai alors découvert la beauté du village, le marché, les rues, les grandes maisons, le port et ses immenses bateaux, le parfum de la vie... A cette époque, j'ignorais encore mes capacités de météo, jamais je n'avais manipulé les nuages ou un éclair. Je me promenais tranquillement, quand un enfant commença à se moquer de ma robe déchirée, de mon visage quelque peu étrange, de mes pieds nus et de mes cheveux décoiffés. Je n'y prêtais pas attention jusqu'à ce d'autres enfants le rejoignent. Bien vite, ils furent une vingtaine à rire de moi, ce qui attira l'attention des adultes. Un commerçant me prit pour une chapardeuse, et l'un des enfants commença à me lancer des cailloux, des branches et des tomates. De rage et de peur, je n'avais pas vu que le ciel s'était obscurci. J'entendis fuser des mots que je ne pensais jamais entendre, « sauvage », « monstre » et même « sorcière ». 
 
J'avais l'impression d'être prisonnière d'un cachot d'hommes et de femmes, que jamais cela ne s'arrêterait. Jamais je n'aurais cru vivre cela. J'ai alors entendu un cri. Je mis un temps à me rendre compte qu'il provenait de moi, de ma gorge, il avait explosé comme le tonnerre, plus fort et effrayant que je ne pus l'imaginer. Le silence régnait, plus intimidant encore que ce que j'avais vécu la seconde précédente. Seul un autre cri de désespoir brisa ce silence que le temps avait causé en s'arrêtant. Je me retournais, et je vis alors une femme a genoux auprès du jeune garçon moqueur, allongé et immobile dans ses bras, telle une scène biblique. Avant que je ne réalise ce qui se produisait, je senti que l'on me tirait loin de la foule. C'était Kristoff... Il me guida à travers le village jusqu'à la forêt.
 
-          Comment fais-tu cela ? criait –il sans cesse.
 
Je lui répondais chaque fois que je n'en savais rien. Je voyais bien qu'il était tout aussi paniqué que je pu l'être. Je ne réalisais pas encore, sans doute, que je venais de tuer un enfant. Nous rentrâmes auprès de notre famille. Il raconta tout à Pabbie, tant je ne pouvais parler. Je fini par comprendre l'étendue de mes capacités. Avec le temps, j'ai appris à les maitriser. Le nuage, la pluie, le vent, même le tonnerre m'obéissaient... »
 
 
 
 
 
Elsa restait immobile, attentive au moindre mot. Elle était captivée par le récit de son amie. Plus Amy parlait, plus de nombreuses questions prenaient place dans l'esprit de la reine. Quand Amy eut fini son récit, le silence s'installa entre les deux jeunes femmes. Elles n'entendaient que le petit ruisseau qui coulait musicalement près d'elles, ainsi que le doux chant d'été des oiseaux et la brise faisant danser les fleurs.
 
-          Tu sais d'où te viennent ces pouvoirs ? demanda alors Elsa
-          Non, pas précisément, répondit Amy, Pabbie a quelques hypothèses a ce sujet, mais rien de bien certain. Il pense que c'est une capacité transmise par mon père
-          Ton père ?
-          L'homme qui m'a abandonné dans la forêt, en plein hiver. Il semblerait qu'il soit mon père.
 
Pabbie prétend qu'il l'a vu arrêter le vent et faire fondre la glace, et qu'il a calmé le tonnerre.
Elsa était a nouveau perplexe, elle qui espérait trouver des réponses a ses propres pouvoirs et leurs origines, elle n'était pas plus avancée.
 
-          Il y a une dernière chose que j'aimerais savoir
-          Oui, majesté ?
-          Pourquoi as-tu refusé l'offre de Hans ?
-          Et bien, sourit Amy, je ne supporte pas la mauvaise foi, et son ego passait difficilement a travers la porte du cachot. De plus, je n'aurais pas été reine, et jamais je n'aurais voulu être la reine d'un usurpateur, d'un psychopathe et d'un assassin.
 
Elsa sourit à son tour, elle n'avait pas vu cette facette sérieuse d'Amy. Depuis son arrivée, elle n'avait jamais montré autre chose que son talent pour le sarcasme.
 
-          Tu le penses sincèrement, tu ne regrette pas ton choix ?
-          Non, et de plus, je déteste ses rouflaquettes, soupira-t-elle
 
La reine pouffa, cette raison si insignifiante et surréaliste fit sortir son rire naturellement.
 
-          Et je serais une bien mauvaise reine, termina Amy, si chacun rit de cette manière a chaque mot qui sort de ma bouche.
-          Oui, cela me manquera quand tu t'en iras
-          Je...je crois que je vais rester...finalement
-          Vraiment ? s'écria Elsa de bonheur, c'est merveilleux !
-          Tant que cela ?
-          Bien sur, j'en suis très heureuse ! Qu'est ce qui t'a fait changer d'avis ?
-          Plusieurs raisons, à vrai dire. Je ne peux pas vivre éternellement dans les bois, a faire pousser des baies et manger des arbres, ou l'inverse... j'ai toujours rêvé de créer, de construire quelque chose. Je veux être utile, j'ai longtemps rêvé d'être architecte, d'ailleurs. Vivre dans le monde humain est un début à la réalisation de ce rêve. Et ainsi je pourrais surveiller Peanuts
-          Peanuts ?
-          Pardon, Kristoff. Je l'appelle ainsi car quand je cogne son crane, il est aussi creux qu'une cacahuète.
-          Ah oui ? rit Elsa, je n'avais pas envisagé cela.

Chapitre 5 - l'esprit tourmenté 22/01/2016

Chapitre 5 - l'esprit tourmenté
 
Les rêves...
Amy accordait une grande importance à ses rêves. Ils étaient pour elle un moyen de garder en mémoire chaque mot, chaque détail, chaque souvenir qu'elle avait pu oublier durant le jour.  Ses rêves étaient parfois si riches, si emplis d'aventure, qu'elle se réveillait avec un regret au c½ur.
Elle avait souvent rêvé de cet homme aux longs cheveux d'ébène que Pabbie avait vu la porter en foret. Elle ignorait qui il était, son père ? Son oncle ? Son frère peut être ? Elle ne pouvait s'en rappeler. Pourtant, son visage, sa voix, ses manières ... même son odeur lui restaient en mémoire. Mais il planait autour de cet homme ce mystère impossible à supporter.
Après tout, peut importait réellement à présent, elle était certaine de ne jamais plus le revoir. Elle vivait au palais d'Arendal depuis maintenant un an. Elle était très proche de la reine, et de sa s½ur, et occupait ses journées à lire, joué avec Olaf – bien qu'elle refusait a présent de le laisser monter sur un nuage-, ainsi qu'à créer, avec ce qu'elle réussissait a trouvé, des robes et des bijoux. Elle avait développé un gout pour la couture, et préférait aujourd'hui faire elle-même ses robes. Kristoff et Anna, à présent fiancés, passaient tout leur temps ensemble. Elsa était, elle occupée a ses devoirs, et avait très peu souvent du temps pour elle.
 
Ce jour la, Amy était assise près de l'étang, dans les jardins royaux. Elle cherchait de petits cailloux nacrés qui se trouvaient toujours près de l'eau, et qu'elle pouvait utiliser et incruster dans ses créations. Elle avait eu dernièrement un grand projet, celui de créer une robe plus belle encore que toutes celles qui puisse être faite.
-          Bonjour Amy, entendit-elle derrière elle
-          Oh, s'écria t elle en se retournant, bonjour Elsa, je ne m'attendais pas a te voir ici, je croyais que tu étais occupée.
-          Non, et à vrai dire, je te cherchais. Que fais-tu ?
-          Je cherche des éléments pour...une maquette.
Amy préférait ne pas tenir la reine au courant de son projet, pour qu'il en soit d'autant plus surprenant. Celle-ci observa la jeune fille, qui portait l'une de ses dernières robes une longue robe de brocart blanc crème, aux manches évasées dévoilant ses avant bras. Elle était cintrée sous la poitrine, et ornée de roses blanches autour du col. Ses épaules étaient couvertes d'une cape bleue fine. Les robes dégageaient un doux parfum printanier.
Toutes deux se promenèrent longtemps, discutant de tout et de rien. Et Elsa aborda le sujet des créations de sa jeune amie.
-          Je ne suis pas la seule à créer, fit remarquer Amy
-          Comment cela ?
-          La robe que tu portais lors de notre rencontre, toute de givre et de glace, c'était de toi, n'est ce pas ?
-          En effet, tu pourrais en faire, toi aussi, avec ses pouvoirs.
Amy vit soudain qu'Elsa s'arrêtait. Elle regardait, un peu plus loin, dans les jardins. Elle aperçu alors son frère, tenant la main d'Anna. Elle vit alors s'afficher sur le visage de la reine un sourire attristé. Elle ne semblait pas être troublée par cette scène, mais avait dans le regard une envie, comme si elle jalousait le bonheur de sa s½ur.
Amy prit sa main, la regardant d'un air inquiet, auquel Elsa rendit un sourire.
-          Tu sembles troublée, fit remarquer Amy dans le but de l'amener à se confier
-          Ce n'est rien, ne t'en fait pas
-          Tu te renfermes des que tu les vois ensemble, il y a un problème ? Tu ne souhaites pas ce mariage ?
-          Oh si, bien sur que si, je suis comblée pour elle...mais...
-          Mais ?
-          Je me demande encore qui sera la personne qui me donnera cet amour que Kristoff lui offre aujourd'hui.
A ces mots, Amy senti son c½ur se retourner. Elle n'avait jamais imaginé qu'elle pourrait ressentir ce manque. Elsa baissa la tête, l'invitant à continuer leur promenade. Mais Amy n'avança pas, la retenant par la main.
-          Je pourrais, murmura t elle
Elsa s'interrogea, mais elle senti son amie se rapprocher d'elle. Elle fut quelques secondes si proche d'elle qu'elle pouvait sentir le parfum de ces roses ornant sa robe. La jeune fille lâcha alors la main d'Elsa et se retira rapidement, l'air confus, et laissa la jeune reine seule. Celle-ci ne pouvait bouger, sentant encore cette chaleur caressant ses lèvres. Amy venait de l'embrasser...